Exposition découvertes
Philibert de l'Orme, Girard Desargues. De l'architecture classique aux enjeux urbanistiques contemporains
Desargues et De l'Orme
Portraits de Girard Desargues et Philibert De l'Orme peints par Louis-Edouard Fournier pour la fresque « aux gloires lyonnaises » du salon de la Préfecture du Rhône, 1894 © Angel Sanhueza
PHILIBERT DE L'ORME, GIRARD DESARGUES
De l’architecture classique aux enjeux urbanistiques contemporains
15 décembre 2011 - 25 mars 2012
Salles : 7, 10, 12, 16 et 24
Philibert de l’Orme (1510 – 1570)
Philibert De l’Orme peut être considéré comme le plus grand architecte de la Renaissance. Malheureusement, nombre d’édifices conçus par ses soins ont été détruits, ou leurs plans et maquettes disparus.
Il existe cependant à Lyon une demeure dont la galerie fut bâtie par Philibert de l’Orme. Exceptionnelle dans l’art de Philibert de l’Orme, cette construction, située rue Juiverie dans le Vieux Lyon, est datée avec certitude de 1536. Il la décrit comme l’un de ses chefs d’œuvre dans son Premier tome de l’architecture. Cet ouvrage, édité en 1567, est le premier traité écrit sur l’architecture en langue française.
Faute de traces, les travaux de l’architecte sont vite oubliés. Pourtant, l’héritage laissé par Philibert de l’Orme est important. Il est à l’origine de la conception contemporaine du métier d’architecte qui, de simple technicien du bâtiment, devient un artiste. Ses conceptions libèrent la France de l’influence italienne et l’oriente vers le classicisme. Il est l’inventeur de nouvelles manières de construire comme la charpente à petits bois.
Au 19e siècle, l’œuvre de Philibert de l’Orme est portée aux nues par les critiques. Il figure en médaillon sur les façades des écoles de beaux-arts, ou encore sur les médailles des grands écrivains dans les livres scolaires.
Girard Desargues (1591 – 1661)
Entre 1639 et 1640, Girard Desargues publie 3 ouvrages relatifs à ses réflexions mathématiques, les Brouillons projects. Ils traitent de thématiques variées – géométrie, perspective, stéréotomie (science de la coupe des pierres), … – et font de lui, le père de la géométrie projective
Passionné par la mise en pratique de ses théories, Girard Desargues s’intéresse à l’architecture. Il réalise de nombreuses pièces stéréotomiques et est à l’origine de la conception de l’hôtel de l’Europe, place Bellecour, et d’une maison à trompe à Lyon sur l’ancien pont de pierre, aujourd’hui détruite.
Qui de Girard Desargues, Simon Maupin, ou Jacques Lemercier est à l’origine des plans de l’Hôtel de ville de Lyon ? Il est aujourd’hui bien difficile de déterminer avec exactitude la part prise par chacun dans l’élaboration des projets définitifs. Toutefois, au vu de ses talents en stéréotomie et de ses réflexions sur la géométrie projective, on attribue à Desargues les plans de l’escalier d’honneur, de l’escalier ovale et des voûtes de l’atrium, remarquables chefs d’œuvre.
Au 19e siècle, les géomètres, à l’instar de Gaspard Monge, trouvent avec surprise en Desargues un précurseur génial de la géométrie moderne. Au 20e siècle, de nombreux érudits et architectes lyonnais s’intéressent à son œuvre, et travaillent longuement à identifier le véritable auteur des plans de l’hôtel de ville de Lyon. Girard Desargues est aujourd’hui reconnu par ses pairs : en décembre 2011, un colloque lui est même consacré.


