L'antica tradizione dit Pulcinella

L'antica tradizione dit Pulcinella

Gaspare Nasuto et son Pulcinella

Gaspare Nasuto et son Pulcinella

L'antica tradizione di Pulcinella - Petit Théâtre de Gadagne mars 2010 © Francesco Ferruccio Nuzzo

Pulcinella et La Muerte

Pulcinella et La Muerte

L'antica tradizione di Pulcinella - Petit Théâtre de Gadagne mars 2010 © Francesco Ferruccio Nuzzo

Gaspare Nasuto et La Muerte

Gaspare Nasuto et La Muerte

L'antica tradizione di Pulcinella - Petit Théâtre de Gadagne mars 2010 © Francesco Ferruccio Nuzzo

Pulcinella

Pulcinella

La marionnette originale de Gaspare Nasuto

GASPARE NASUTO

Marionnettiste depuis 1989, Gaspare Nasuto est considéré comme l’un des grands maîtres de l’art de la guaratelle, la marionnette à gaine napolitaine. Son personnage : Polichinelle !

Comment êtes-vous devenu marionnettiste ?

Je manipule les marionnettes à gaine depuis tout petit. Je ne pensais pas encore que cela pouvait devenir mon métier. J’ai débuté avec le personnage de Polichinelle et je ne me suis jamais arrêté depuis.

Avez-vous fait une école ?

Polichinelle ne peut pas s’enseigner dans une école. Polichinelle c’est une vocation ! Les écoles créent des copies, des imitations. Moi, je suis l’héritier de Bruno Leone, le dernier marionnettiste qui fait du Polichinelle traditionnel. Je ne suis pas son élève, je suis son héritier. L’enseignement de la tradition c’est une rencontre entre un marionnettiste et un maître. Ce dernier voit dans ce marionnettiste qu’il peut devenir un maître. Le maître et l’héritier vont travailler ensemble, mais leur spectacle sera toujours différent. La relation se fait dans l’échange et chacun garde son approche personnelle du personnage.

Il est important que chaque Polichinelle ait son histoire, son parcours. J’ai monté une école pour apprendre la technique de la gaine mais je ne crée pas de marionnettistes dans mon école. Apprendre à jouer de la guitare ne fait pas de vous un musicien !

Qu’est-ce qui vous attire dans le personnage de Pulcinella ?

C’est Pulcinella qui m’a choisit ! C’était mon destin... parce que je suis Napolitain !
Pour moi, Pulcinella est un peu comme un Dieu. Son costume et son visage noir peuvent évoquer la mort. Son caractère très joyeux symbolise la vie. Son « bonnet » est un symbole phallique. Il y a un côté féminin avec son vêtement. Il est tout et son contraire. C’est ce qui me plait dans ce personnage.

Avez-vous toujours créé vos propres marionnettes ? Pour vous est-ce indissociable de votre art de marionnettiste ?

Oui je suis sculpteur. C’est un concept. Créer une marionnette et la mettre en scène... J’ai créé un style de mouvement indissociable de ma marionnette. Par exemple, les marionnettistes, en Europe, pour représenter un personnage qui parle et montre quelque chose en même temps, effectuent de nombreuses rotations. J’ai toujours trouvé ces gestes assez laids. J’ai donc modifié un petit peu la position classique pour permettre une gestuelle plus fine. Il y a aussi une couture particulière pour faciliter la manipulation dans le noir. Ce qui est important c’est le balancement de la marionnette. Les marionnettes du 19e siècle sont assez lourdes, la mienne est très légère… Mes marionnettes sont très facilement reconnaissables.

Ce n’est pas important que les marionnettistes fassent ou non leurs marionnettes. En tant que sculpteur je fabrique des marionnettes pour d’autres marionnettistes. A Lyon par exemple, j’ai sculpté un Pulcinella pour le Théâtre de Guignol à l’occasion du bicentenaire de Guignol. Mes Polichinelles sont dans des musées ou des collections particulières. J’en fais un pour le musée de Turin. C’est étrange pour moi de jouer dans un musée aujourd’hui.

Travaillez-vous avec d’autres artistes ?

Oui, j’écris des textes pour le théâtre et je suis également metteur en scène. Cette année je vais travailler dans trois spectacles dont un nouveau en Roumanie.

J’aime bien mettre Polichinelle dans d’autres histoires, des histoires ou l’on ne voit pas normalement cette marionnette. Par exemple, pour de nouvelles créations, je me suis inspiré du film Le septième sceau d’Ingmar Bergman ou de la pièce de Beckett En attendant Godot. Ce ne sont pas des parodies, c’est vraiment réécrit pour Polichinelle. Ce sont des spectacles d’expérimentation à destination des adultes. Le castelet n’est d’ailleurs pas le même non plus.

Au travers de vos déplacements, percevez-vous une différence au niveau de la reconnaissance du métier de marionnettiste ?

Je ne sais pas. J’exerce mon métier sans penser à cela. Je vais partout dans le monde, en Iran, au Guatemala, en Europe, en Chine, au Japon… Durant le spectacle, le public se comporte toujours de la même manière. Parce je pense que mon spectacle est basé sur des émotions que l’on retrouve partout. L’émotion est importante.

Ce que je constate c’est qu’en général, les marionnettistes ne se prennent pas vraiment pour des artistes. Il y en a beaucoup qui travaillent surtout pour les enfants même s’ils n’en ont pas forcément envie. L’important c’est de faire comprendre au public qu’il est en train de regarder le spectacle d’un artiste et qu’il doit avoir du respect pour cet artiste.

Moi je suis fier de dire que je suis marionnettiste. D’un spectacle qui a toujours été considéré pour les enfants, j’ai réussi à lui redonner une certaine splendeur et une reconnaissance par les adultes. Les gens me connaissent en Italie et ailleurs. A mes spectacles, ce sont les adultes et non les enfants qui viennent. A la fin des spectacles, ils veulent toucher Polichinelle et être pris en photo avec lui !

C’est votre original ?

Oui, sur toutes les photos c’est toujours celui-là. Il date de 1996. En Italie, certains me demandent de leur en fabriquer un pour avoir un modèle chez eux. Par contre, ce castelet, je l’utilise juste pour les spectacles en dehors de l’Italie. Toutes les photos qu’on voit à l’extérieur, dans les musées, les théâtres ou ailleurs c’est toujours avec ce castelet rouge. Cela fait partie de mon style aussi. En Italie il est vert et or avec une tête de Polichinelle sculptée en bois. C’est une sorte d’église, le temple de Polichinelle !

(Propos traduit de l'italien)

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